Politique
publié le 6 octobre 2018
Politique togolaise / Boycott du recensement par l’opposition : une option renfermant un effet boomerang / Editorial de Céphas Le Vert
lundi 1er octobre 2018,

Le recensement en vue du prochain renouvellement de la chambre des députés a démarré en début de semaine. L’Etat s’y investit pour son bon déroulement. Ce recensement permettra à tous ceux qui ont l’âge de voter d’obtenir une carte en vue d’exercer leur devoir civique le jour fixé. Par contre, l’opposition au pouvoir a lancé un appel pour son boycott. Ce qui laisse les observateurs de la scène politique nationale pantois. On se rappelle qu’à la veille de la présidentielle de 2015, la même opposition avait chahuté et soutenu vigoureusement que sans réformes, elle ne participerait pas au scrutin. Alors que le parti au pouvoir avait déjà déroulé son rouleau compresseur et occupé tous les points névralgiques devant lui permettre une victoire hauts les mains à l’issue de cette présidentielle, c’est en ce temps-là que son opposition avait opté de prendre le train en marche la queue entre les pattes. Aujourd’hui encore, elle demande aux gens de ne pas se faire recenser , or elle se bat actuellement pour occuper des places à la Céni, structure organisatrice de la joute électorale. Demain, quand tout sera pratiquement prêt pour le scrutin, c’est dès lors qu’elle s’activera à convier les uns et les autres au recensement. Ce que le pouvoir , manifestement, n’acceptera pas. Et même si le pouvoir lui concède ce geste à la faveur de certaines pressions, les gouvernants feront tout pour que ce mini-recensement se fasse d’une manière biaisée pour que ceux qui avaient mis en pratique le boycott ne puissent pas se faire recenser comme il se doit. Conséquence : la victoire de Unir serait à coup sûr garantie et sans ambage parce que ses militants s’étaient massivement fait recenser et ont pu avoir les cartes de vote qui leur ont permis de choisir démocratiquement leurs députés. Cartes que la frange de la population qui a suivi l’opposition dans son refus de participer à ce recensement n’a pas pu avoir pour envoyer les représentants des pourfendeurs au régime en place au parlement. Ce qui chagrine. L’opposition togolaise doit retenir ses erreurs passées. Faire le contraire de ce qu’on a vanté ici et là démobilise les populations. Dans le Zaïre ancien, en 2006, feu Tshisékédi Étienne, alors chef de file de l’opposition à Kabila junior, avait commis cette lourde bévue en appelant ses partisans à ne pas participer au recensement. Finalement, on ne sait quelle mouche l’a piqué, il avait par la suite tourné casaque en invitant ses soutiens à se faire recenser. Ce à quoi Kabila et les siens avaient opposé un refus catégorique. Ce qui avait éliminé Tshisékédi dans la course au fauteuil présidentielle de cette année-là. L’opposition togolaise risque de perdre les législatives, de façon criarde, c’est un euphémisme, avant l’heure.

Céphas Le Vert (photo)

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